Le Conseil d'administration d'EDF a été convoqué ce jour, a priori, pour se prononcer en vue de demander l'abrogation de de l'autorisation d'exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim.

Pourquoi le faire aujourd'hui, alors même que l'Autorité de Sûreté Nucléaire ne remet pas en cause la sûreté de cette centrale, et a annoncé fin mars qu'elle se prononcerait (seulement) cet été sur la capacité de la cuve du réacteur EPR de Flamanville à résister aux irradations et aux pressions internes que la récation nucléaire lui fera subir.

On rappelera que la loi sur la transition énergétique plafonne la puissance des réacteurs nucléaires, et sauf révision, imposera d'arrêter l'équivalent de 1600 MW (soit a minima 2 réacteurs de 900 MW) de réacteurs pour pouvoir démarrer le réacteur EPR de Flamanville, dont la mise en service est prévue fin 2018.

Dans l'intérêt social de l'entreprise, on ne voit donc pas ce qui justifierait d'engager l'arrêt de 2 réacteurs tant que les dernières incertitudes relatives au bon démarrage du réacteur EPR de Flamanville n'auront pas été levées.

On s'étonnera également de cet empressement à 3 semaines de l'élection présidentielle, qui sera suivi d'élections législatives, sachant que le nouveau Parlement pourrait être amené à se prononcer sur ce sujet.