A la suite de l'annonce de la sortie d'EDF de l'indice CAC40, quelques précisions sur le CAC40

1. Qui décide de la composition de l’indice CAC 40 ?
La composition de l’indice CAC 40, représentatif des 40 capitalisations boursières les plus importantes en France, est décidée par le Conseil Scientifique des Indices (CSI) de la bourse de Paris. Institution indépendante, le Conseil se réunit au moins tous les trimestres pour veiller à la bonne représentativité de l’indice qui doit refléter la répartition sectorielle de l’économie française et tenir compte des évolutions conjoncturelles des sociétés qui le composent (fusion, faillite, retrait des marchés boursiers…). Toute nouvelle entrée dans l’indice entraine simultanément une sortie, 40 sociétés composant le CAC.
Les décisions du Conseil Scientifique sont rendues publiques – sous forme de communiqué de presse – aussitôt après la tenue du Conseil et prennent effet à une date précisée sur ce même communiqué. Les réunions du Conseil Scientifique, dont les dates ne sont pas rendues publiques, se tiennent après la clôture du marché.

> pour en savoir plus, consultez le document sur le Conseil Scientifique publié par Euronext (document en anglais)

2. Quels sont les critères pour entrer ou sortir de l’indice CAC 40 ?
Sur la bourse de Paris, la décision d'une entrée ou d'une sortie du CAC 40 dépend uniquement du Conseil Scientifique des Indices qui applique des critères stricts et précis. Les valeurs choisies pour intégrer l’indice le sont principalement en fonction de leur capitalisation boursière flottante qui se chiffre en milliards d’euros. Outre la capitalisation, les volumes d’échanges de titres sont également un critère essentiel. L’indice CAC 40 est un indice très dynamique qui doit en effet représenter des valeurs « liquides » c’est à dire des valeurs pour lesquelles les transactions d’achat et de vente sont nombreuses.

> pour en savoir plus, consultez les règles des indices CAC publiées par Euronext (mars 2015)

3. Comment est calculé le "flottant"
Le « flottant » d’une société désigne la part de ses titres qui peuvent effectivement être échangés sur le marché. Cette notion exclut donc la partie du capital d'une société qui est détenue, par elle même ou par une des ses filiales, par l'Etat ou les collectivités publiques, par les fondateurs de la société et par des actionnaires qui n'ont pas l'intention de vendre, à cause d'un pacte d'actionnaires ou d'une stratégie de long terme.

Pour les indices CAC, le flottant :

  • exclut les participations supérieures à 5% du capital de l’émetteur, sauf si ces participations sont détenues par un organisme de placement collectif/mutual fund, ou un fonds de retraite.
  • exclut, quelle que soit leur taille, certaines participations détenues par les personnes initiées (telles que les parts détenues par les dirigeants, les employés, les fondateurs et les familles), les participations détenues par l’Etat, l’autocontrôle et l’autodétention
  • est arrondi à la borne supérieure par paliers de 5%. Dans le cas d'EDF, le flottant retenu est de 15%.

4. Pourquoi le Conseil Scientifique a t-il décidé le retrait du titre EDF de l’indice CAC 40 ?
Le Conseil Scientifique des Indices de la bourse de Paris a décidé le 7 décembre 2015 le retrait du titre EDF de l’indice CAC 40 en raison de la baisse significative de la valorisation boursière de la société (cours de bourse de l’action multiplié par le nombre d’actions en circulation) et du faible flottant. La décision prendra effet le 18 décembre 2015 après clôture de bourse.

On peut souligner que lors de la précédente révision trimestrielle (septembre 2015), EDF était déjà le dernier du CAC40 par sa capitalisation boursière (cf composition du CAC40 au 30/9/15).

5. Quelles sont les conséquences immédiates de cette décision pour EDF ?
Le Groupe EDF reste coté en bourse et son titre intègre à compter du 21 décembre 2015 l’indice CAC Next 20. Cet indice regroupe les vingt valeurs dont l'importance suit les quarante valeurs composant le CAC 40. Elles sont à ce titre candidates pour intégrer l'indice principal ou pour le réintégrer si elles viennent d’en sortir à la suite d’une modification décidée par le CSI. Toutes les valeurs qui font partie des indices CAC 40 et CAC Next 20 font partie de l’indice CAC Large 60.
L’indice CAC Next 20 comprend de grandes entreprises internationales telles que Dassault Systèmes, Hermès, Natixis, Sodexo, Suez Environnement et Hermès.
Conséquence immédiate pour le Groupe : la recomposition des portefeuilles des fonds de placement indiciels dont les performances suivent l’indice CAC 40. Lorsque la composition de l’indice CAC est modifiée, les fonds indiciels se portent vendeurs du titre sortant (EDF) et acquéreurs du titre du nouvel entrant (Klépierre), entrainant mécaniquement un mouvement de baisse ou de hausse des valeurs concernées. Selon certains analystes financiers, pour EDF, les transactions de vente des fonds indiciels pourraient être équivalentes aux volumes moyens traités sur une durée de 3 jours et donc générer une nouvelle baisse du titre. Selon un média, la sortie du titre avait été largement anticipée et même "auto-réalisée" par des actionnaires après les premières notes d'analystes financiers évoquant cette hypothèse, il y a quelques semaines (le quotidien Le Monde avait publié un article sur ce sujet le 21/11/15).

6. Quels sont les impacts à moyen-long terme pour EDF ?
La sortie d'EDF de l'indice CAC40 détourne mécaniquement un volant d'investisseurs actions : parmi les plus importants, mais aussi parmi les investisseurs particuliers.

La mesure n'aura en revanche pas d'impact sur les investisseurs obligataires, et le financement de la dette d'EDF.

Une sortie de l’indice CAC 40 n’est pas définitive. EDF pourra réintégrer l’indice de référence comme ont pu le faire d’autres sociétés de renommées internationales sorties du CAC  sur ces 10 dernières années (source Euronext) :

  • Peugeot est sorti en 2012,  réintégré en 2015
  • Alcatel Lucent a quitté l’indice en 2012 pour y entrer à nouveau en 2013
  • Valéo est sorti en 2001 puis rentré à nouveau en 2014
  • Legrand est sorti en 2000 pour réintégrer l’indice en 2011
  • Publicis a quitté l’indice en 2006, revenu en 2010
  • Alstom est sorti en 2002 puis rentré à nouveau en 2006